On a tous vécu ça. On rentre d’un voyage au Maroc, au Pérou ou en Thaïlande, on déballe fièrement ses achats… et on découvre l’étiquette « Made in China » collée sous un beau masque en bois. C’est décevant, parfois embarrassant quand c’est pour offrir, et surtout inutile : autant acheter la même chose sur Amazon. La bonne nouvelle, c’est qu’il existe des moyens concrets de s’en sortir sans se transformer en inspecteur des douanes à chaque marché local.
Pourquoi c’est si difficile d’échapper aux souvenirs Made in China ?
Dans les zones très touristiques, les boutiques sont souvent alimentées par les mêmes grossistes. Qu’on soit à Lisbonne, à Bangkok ou à Marrakech, une partie des articles vendus comme « typiques » sort des mêmes usines. Ce n’est pas forcément de la mauvaise foi des vendeurs. C’est simplement que la demande est forte, les marges plus faciles et la production locale souvent trop limitée pour absorber des millions de touristes par an.
Le problème, c’est que visuellement, ces objets ressemblent à s’y méprendre aux vrais. Un djellaba brodé en polyester chinois peut avoir exactement la même tête qu’un exemplaire cousu à la main dans une médina. La céramique peinte au-dessus d’une kiln de Fès et celle imprimée mécaniquement ont parfois des défauts quasi identiques… intentionnellement reproduits pour faire « fait main ».
Comment reconnaître un souvenir vraiment local ?
Il n’y a pas de règle magique, mais quelques réflexes changent vraiment la donne. Le premier : s’éloigner des artères principales. Les ruelles secondaires, les marchés de quartier fréquentés par les habitants, les coopératives artisanales labellisées. C’est là que les chances de trouver quelque chose d’authentique augmentent sérieusement. Une boutique dont la clientèle est à 90 % locale, c’est déjà un bon signe.
Voici quelques catégories d’articles où l’authenticité est plus facile à vérifier :
- Les textiles tissés à la main : irrégularités légères, fils parfois apparents, toucher naturel (coton, laine, soie)
- La poterie artisanale : traces d’outils, asymétrie discrète, poids plus élevé que le plastique moulé
- Les épices et produits alimentaires locaux : quasi impossibles à importer en masse depuis la Chine, et souvent très représentatifs d’une région
- Les objets personnalisés sur place : broderie d’un prénom, gravure à la minute, ça, aucune usine ne peut l’anticiper
Regarder comment l’objet est fabriqué, ou mieux, le voir fabriquer, est aussi très utile. Dans les pays où l’artisanat est encore vivant (Mexique, Inde, Maroc, Vietnam…), les artisans travaillent souvent devant les clients. Un potier à la roue, un tisserand sur métier, une brodeuse au fil de soie : ce qu’ils vendent est rarement importé de Chine. Et si vous hésitez, retourner l’objet suffit parfois : l’étiquette est soit absente, soit éloquente.
Quels sont les souvenirs originaux à rapporter selon la destination ?
Plutôt que de chercher le souvenir « typique » (c’est-à-dire souvent le plus vendu), l’idée est de penser à ce qui est vraiment propre à un endroit et difficile à trouver ailleurs. Au Japon, les thés de petits producteurs ou les céramiques de Kyoto font des cadeaux bien plus mémorables qu’un porte-clé en forme de mont Fuji. En Colombie, un sachet de café de Huila ou une figurine en résine du Carnaval de Barranquilla vaut mille fois plus que n’importe quel colifichets.
En Provence, au lieu des traditionnelles boîtes de lavande emballées de façon industrielle, un savon de Marseille authentique (vérifiable à l’estampille « 72 % d’huile végétale ») ou une bouteille d’huile d’olive d’un moulin local racontent une histoire réelle. Le souvenir le plus original est souvent celui qu’on n’avait pas prévu d’acheter : une affiche de spectacle, un journal local, une carte postale signée par l’artiste qui la dessine lui-même au coin d’une place.
Les marchés et labels à privilégier pour acheter local pour éviter le Made in China
Dans beaucoup de pays, des initiatives existent pour aider les voyageurs à identifier les productions authentiques. Les labels comme « Artisanat de France« , « Hecho a mano » en Amérique latine ou les coopératives féminines labellisées fair trade en Afrique garantissent une traçabilité réelle. Ces structures travaillent souvent à prix fixe, sans marchandage, mais avec une certitude sur l’origine.
Les marchés hebdomadaires de village méritent qu’on adapte son planning de voyage pour y passer. En Toscane, en Oaxaca, à Luang Prabang : ces marchés ne sont pas organisés pour les touristes. On y croise des agriculteurs, des artisans, des retraités qui vendent leurs conserves maison. Aucun made in China en vue — et souvent, les prix sont bien inférieurs aux boutiques de la vieille ville.
Rapporter un souvenir qui a du sens demande un peu plus d’attention, parfois un léger détour. Mais c’est aussi une autre façon de voyager : regarder où va l’argent qu’on dépense, et ce qu’on contribue à faire vivre.


